Hypnose Nice Cadre Hypnotique

Cadre Hypnotique

J’aime beaucoup les jeux vidéos où l’on joue un personnage luttant pour sa survie dans un environnement d’horreur. Et un jour, je regarde sur internet une vidéo d’un jeu où je vois un personnage courir en haletant avec une nuée de zombie derrière et je me dis « Chouette, ça va être top ». Alors, j’achète le jeu et le lance. Dès le début du jeu, je me rends compte qu’en fait c’est un jeu d’énigmes entrecoupées de séquences vidéos. Aucune action. La déception a été énorme et puisque je l’avais acheté, j’ai testé le jeu mais le sentiment de départ est resté et au bout d’une heure j’ai laissé tomber et je n’y ai jamais retouché.

En Hypnose, je crois que certaines séances ne sont pas loin de provoquer le même sentiment car l’Hypnose est tout de suite recadrée !

Recadrer ?

Exemple :

– Praticien : Pour vous, dans votre esprit, l’hypnose ce serait un peu comme … quoi ?

– Client : Un peu comme du sommeil.

– Praticien : En fait, en Hypnose, on ne dort pas, c’est même un peu comme une conscience élargie ou l’on accède à des ressources relevant de l’automatisme. Ainsi, vous m’entendrez toujours.

Bon ! Le recadrage proposé est potentiellement sympa et probablement plus réaliste car l’hypnose n’est pas du sommeil dans son appellation commune mais :

– on ne sait même pas ce que le client entend par sommeil.

– cela va demander un effort au client de se représenter une conscience élargie et de gommer la représentation qu’il avait de lui les yeux fermés, endormi, avec une main collée à son visage comme il l’a vu à la télé.

– Peut-être que ce qu’on vient de lui présenter ne lui parle pas du tout et ne lui semble pas réaliste

– Peut-être que ce qui l’a amené à l’hypnose était justement l’idée d’être endormi avec sa main collée au visage et non une conscience élargie.

Le client a souvent des attentes quand il vient à l’Hypnose. Évidemment des attentes liées à son évolution mais également des attentes vis-à-vis de ce qu’est l’Hypnose. Ses attentes sont peut-être d’ailleurs justement la raison de sa présence en séance. Et très souvent, le client est recadré dès le départ, parfois même au téléphone, par le praticien qui impose son propre cadre hypnotique sans même avoir pris le temps d’écouter celui du client. Pourtant, souvent, le cadre du client est fort alors que celui du praticien va parfois être limité par ses propres peurs où par le discours parfois aseptisé qu’il a reçu en formation.

Affaiblir le cadre ?

Exemple :

– Praticien : Pour vous, dans votre esprit, l’hypnose ce serait un peu comme … quoi ?

– Client : Un peu comme du sommeil.

– Praticien : En fait, en Hypnose, on ne dort pas, c’est plutôt un peu comme quand vous lisez un bon livre et que vous partez dans votre imagination, que vous incarnez un personnage, en sentez ses émotions

Bon, le client risque de se dire « c’est beaucoup moins sexy que mon idée de départ, j’aurais dû aller lire un bouquin, c’est moins cher ». C’est dommage d’affaiblir autant l’hypnose au point de la rendre aussi banale. Je ne dis pas que lire un livre n’est pas génial, mais ce n’est pas de l’Hypnose non plus. Tout au plus une légère transe. 

Je ne suis pas fan du recadrage en général, car je trouve qu’il brise le rapport et qu’il peut véhiculer les propres croyances limitantes du praticien. Cela ne veut pas dire que je n’en fais jamais, car parfois cela m’échappe comme un vieux réflexe, mais je préfère tout de même utiliser ce que le client me donne, sans pour autant promettre quoi que ce soit. Je me dis parfois que je vais découvrir un état d’Hypnose que je n’ai jamais vu. Et ça arrive !

Tester ?

Et en fait, pourquoi ne pas tester le cadre du client ? Pourquoi ne pas lui faire confiance ? Voire même le challenger avec son idée. Émile COUÉ disait que l’on avance plus par imagination que par volonté. Ainsi, si le client s’imagine un état particulier, peut-être parce qu’il l’a vu à la télé, ou qu’il a entendu des témoignages, il peut être intéressant de tester jusqu’où la personne va avec cet imaginaire et éventuellement d’ajuster ensuite. Évidemment, il ne s’agit pas de faire une promesse irréaliste, mais de vérifier si elle est réaliste ou non au lieu de la rejeter en bloc directement et de minimiser l’hypnose tout de suite.

Il peut donc être intéressant de tester le cadre de notre client ou de le questionner sans vouloir le recadrer. Et peut-être être sacrément surpris de ce qu’il est capable de faire avec son cadre!

Pour commencer, j’aime bien utiliser la question de Clean Language « C’est comme … quoi ? »

– Praticien : Pour vous, à votre avis, l’état d’Hypnose c’est comme … quoi ?

– Client : Hé bien, Je serai un peu comme dans le sommeil, inconscient.

– Praticien : Un peu comme ?

– Client : Oui, vous me guiderez inconsciemment pendant que je dors

– Praticien : Et comment savez-vous que vous n’avez pas été inconscient, il y a quelques minutes ? (Clin d’œil du praticien)

– Client : Ben, … je m’en souviendrai quand même, non ?

– Praticien : Je ne sais pas, qu’en pensez-vous ?

– Client : … euh … oui je pense que oui.

– Praticien : Waouh. Intéressant ! Votre ambition me plaît. Voulez-vous voir si vous pouvez aller jusque-là dès maintenant ?

Ensuite, le praticien réutilise les mots sommeil, dormir et inconscient. Rien n’empêche de tester cela avec le client pendant 5 ou 10 minutes d’Hypnose rapide puis faire un bilan avec lui de ce qu’il a vécu puis on avise en partenariat avec lui. C’est d’autant plus intéressant que cela fait un fractionnement (technique d’approfondissement)

Alors, il y a effectivement, dans ce que dit le client, une sorte de passivité. Et alors ! Puisque vous le « guiderez inconsciemment » pendant qu’il « dort », vous pourrez lui dire qu’à partir de maintenant, il va s’activer dans ce « sommeil » et d’après son cadre, il vous suivra « inconsciemment ». Ainsi, vous utilisez plutôt que vous ne recadrez et le client n’est plus passif. 

Maintenant, si votre client n’a aucune idée, vous pouvez poser le cadre avec lui. De même, si l’exploration de son idée ne l’a pas amené là où il pensait, vous pouvez réajuster avec lui . 

En effet, si on me dit que faire 2 min 30 au 1 000 m est irréaliste et que je ne peux accéder à la piste, je continue à avoir un doute. Si on me le laisse faire et que je suis à plat en l’ayant fait en 3 min 30, je suis prêt à renégocier et à m’entraîner pour faire mieux ou à faire autre chose. Et après, on peut toujours, si c’est son désir, faire de l’entraînement à la transe en lui disant que vous ne savez pas jusqu’où il peut aller ? Ou alors travailler avec une autre sorte de transe tout aussi efficace. 

Conclusion

Vous l’aurez compris, je préfère personnellement que le client puisse tester son propre cadre. Je trouve qu’utiliser est plus intéressant que recadrer. D’autant que recadrer un client n’aide pas vraiment au rapport. Et tester son modèle du monde ne veut pas dire lui attester qu’il existe ni en faire forcément une réalité. C’est avant tout le laisser créer tout ce qu’il peut.

L’expérience est ensuite source d’auto-recadrages (ou non, des fois le client nous fait découvrir des états) et ceux-là ne détériorent pas le rapport.

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