TRAVAILLER SUR LE SYMPTOME ?

On dit souvent qu’il ne faut pas travailler sur le symptôme en hypnose. Il serait peut-être temps de revoir notre copie et se libérer des croyances issues des courants psychanalytiques qui n’apportent pas de preuves de cela. Or, on peut facilement objectiver des données prouvant le contraire. C’est même assez simple. Je vais ici donner un exemple parmi d’autres. Il sera appuyé par des données numériques issues de polysomnographie. Bien sûr, un exemple ne prouve rien, mais je ne cherche pas à prouver simplement à illustrer. A chacun de choisir les croyances qu’il décide de maintenir ensuite. 

MICRO-REVEILS

Dans mon stage leviers, je présente souvent un cas sur une jeune fille qui avait 24 micro-réveils par heure de nuit, qui était dans un état lamentable, car peu de sommeil paradoxal et profond. Elle était venue à la base pour hypersomnie. Quitte à en faire hurler bcp, sur ce genre de choses comme pour beaucoup d’autres, je me fiche pas mal de la cause, ce qui ne lui empêche pas d’être impactée elle aussi parfois. Finalement, travailler le symptôme peut faire bouger le fond autant que l’inverse. Quoi ? La psychanalyse aurait eu tort ? 😛

Voici le processus que j’ai utilisé pour les micro-réveils. L’idée a été de provoquer un sommeil (proche de celui de la nuit) par suggestion, puis un réveil par suggestion et de rendre la personne ultra-réactive pour qu’elle réponde instantanément à la suggestion de sommeil puis à celle de réveil.
Obtenir l’endormissement et le réveil instantané a demandé du temps, car je voulais quelque chose qui s’approche du vrai sommeil donc beaucoup de phénomènes hypnotiques derrière (surdité hypnotiques, paralysie, analgésie, etc…).

Il m’a fallu une vingtaine de minutes (sujet envoyé par un hypnotiseur de spectacle nommé Jay KYNESIOS qui l’avait eu sur scène). Avec un sujet classique je pense qu’on pouvait partir pour 2 ou 3 séances d’entrainement sans problème.

Une fois les phénomènes hypnotiques simulant un sommeil obtenu, je lui ai dit « maintenant je voudrais que cette partie de vous gérant le sommeil soit à l’écoute voici ce qu’elle fait la nuit ». Puis je lui ai suggéré 10 micro-réveils d’affilée en une minute et j’ai vérifié que cette « partie » avait compris. Puis je lui ai dit « et maintenant progressivement, je voudrais qu’elle aille vers : » et je lui ai fait 5 micro-réveils en 1 minute, puis 1 micro-réveil en 1 minute et aucun dans la suivante. Puis, j’ai vérifié que cette « partie » avait compris et je lui ai demandé de « faire au mieux pour ça ». Fin de la séance.  La deuxième séance a été une répétition de la première séance.

RESULTATS

En recherchant dans mes mails, j’ai retrouvé les données concernant ce cas. La polysomnographie avant les séances montre 24 micro-réveils par heure de nuit et après la séance 2.4 seulement. On est a 5 ans de recul. 2012 – 2017. J’ai mis un autre rapport sur les apnées où j’ai travaillé purement symptomatiquement. Cliquez sur chaque photo pour la voir intégralement

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